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| Maroc: Du potentiel, mais trop de
corruption |
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· Une enquête sévère de
l'AmCham
· Système judiciaire: Inefficace et
inéquitable
· L'Université crée des
inadaptés
La Chambre de Commerce américaine (AmCham)
vient de publier les résultats d'un sondage intitulé “perceptions
des dirigeants d'entreprises sur les affaires et l'investissement au
Maroc”. Sur une population de 300 personnes, 87 réponses ont été
obtenues, soit un taux de participation de 29%. Ce qui est jugé
satisfaisant en raison justement de l'importance que revêtent les
questions relatives à l'investissement au Maroc. Le rapport
d'une centaine de pages contient des analyses à partir d'opinions
d'hommes d'affaires opérant dans divers secteurs. L'avis de ces
investisseurs étrangers, permet de définir l'image qu'ils peuvent
véhiculer sur le Maroc. La majorité des sondés (81%) reconnaît un
potentiel non négligeable au marché national. Elle estime que ce
marché se renforcera davantage dans le cadre des accords de
libre-échange régionaux entre le Maroc et ses voisins maghrébins
(membres de l'UMA) ainsi qu'avec l'Union Européenne. Beaucoup
d'entrepreneurs estiment également que le gouvernement actuel a
consenti des efforts palpables pour promouvoir l'investissement et
améliorer les relations entre l'Administration et les entreprises.
Quelques exemples sont donnés notamment les améliorations
enregistrées dans la relation avec l'Administration des Douanes.
Côté infrastructures, il ressort à travers ce sondage, que les
investisseurs sont satisfaits globalement. Pour eux, les ports,
aéroports, routes, télécommunications... sont en constante
amélioration. Les sondés font allusion particulièrement au réseau
GSM marocain qualifié par 70% des personnes interrogées,
d'excellent. Les banques marocaines sont aussi positivement perçues
par les investisseurs étrangers. Près de 48% des sondés considèrent
que les institutions financières servent bien les intérêts des
entreprises étrangères au Maroc. Si, en général, les personnes
interrogées se sont montrées satisfaites de leur décision initiale
de créer des projets au Maroc et recommandent l'investissement,
l'enquête relève, malgré tout, un malaise sur certaines questions”,
indique le rapport de la Chambre de Commerce américaine. Ainsi, il
existe des zones d'ombre persistantes qui découragent les promoteurs
étrangers à venir s'implanter au Maroc. Le “ras-le-bol” de certains
sondés concernent surtout des problèmes structurels inhérents au
pays. Mais ceci n'inversera pas la tendance positive qui se dégage
globalement. Comme le précise un des chefs d'entreprise sondé, “il
n'y a pas de paradis dans le monde, et le Maroc n'est pas une
exception. Comparé à bien d'autres pays similaires, le Maroc offre
de bonnes occasions d'affaires”. Malgré les potentialités
offertes par le Royaume, les dirigeants d'entreprise (46% des cas)
disent rencontrer de multiples obstacles quand il s'agit de régler
des formalités avec des départements adminis-tratifs. Beaucoup
d'investisseurs considèrent que de telles difficultés nuisent à
l'image du Maroc. Le système judiciaire marocain a été également
visé du doigt. Il est jugé par la majorité écrasante des
investisseurs étrangers comme étant inefficace, inéquitable dans ses
jugements et favorable à la corruption. Le système éducatif
marocain n'a pas été épargné des critiques. Selon une grande partie
des investisseurs, le système éducatif ne cadre pas avec les besoins
des entreprises. Les formations proposées sont trop généralistes,
alors que la majorité des entreprises cherchent des profils
spécialisés. Et d'ajouter “mis à part la formation de type ingénieur
et celle proposée par quelques écoles de renom, les autres
formations universitaires créent des inadaptés au monde
professionnel”. Même les formations d'ouvriers spécialisés (censé
être professionnalisante) offre sur le marché du travail des
employés avec des qualifications peu recommandées. Les
dirigeants d'entreprises interrogés mettent aussi l'accent sur le
Code du travail. L'amélioration de la productivité passe par un
environnement de travail adéquat. Le Code du travail doit être revu
dans son ensemble, puisqu'il est jugé vétuste et inadéquat par
rapport aux exigences nouvelles du monde du travail, atteste une
majorité des sondés. D'autres problèmes comme le coût exagéré de
l'électricité, ou encore de la concurrence déloyale de l'important
marché parallèle ont été également abordés. Et une grande partie des
investisseurs les considèrent comme des freins à la concrétisation
de projets surtout dans l'industrie. Pour conclure, le rapport
de la Chambre de Commerce américaine indique que les investisseurs
présents au Maroc peuvent être de meilleurs avocats pour le Royaume
comme ils peuvent être ses pires détracteurs. Car ce sont ces
expériences individuelles qui influencent l'image de marque du pays.
Quoiqu'il en soit, ce sondage reste une base très intéressante pour
promouvoir l'investissement. C'est précisément dans cette
optique que l'AmCham propose au gouvernement marocain d'organiser
une table ronde sur “les affaires et l'investissement au Maroc” en
automne prochain.
Mehdi LAABOUDI
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