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Jean Genet et la position du départ soudain
par Leila Shahid (Palestine) - AUTODAFE n°2
- Automne 2001
" Mettre à l’abri toutes les images du langage et se
servir d’elles, car elles sont dans le désert où il faut aller les
chercher. " Jean Genet, exergue à Un captif
amoureux
Si le premier contact de Genet avec les Palestiniens, en 1970 et
après les massacres de septembre, a été émotionnellement fort, c’est
sûrement avec les femmes qu’il a eu le plus de complicité, de malice
partagée, de communication réelle… Les camps, c’est un peu la
Palestine transportée par les Palestiniens dans leur exil. C’est
leur vie, leur mémoire, le village qu’ils ont emmenés avec eux quand
ils ont dû prendre la route après la destruction de leurs villages
en 1948. Tous pensaient alors qu’ils partaient pour fuir les zones
de combat, comme les réfugiés du Vietnam, du Cambodge ou du
Salvador, et qu’ils reviendraient chez eux quelques mois après,
lorsque la situation se serait calmée. Ils sont partis avec un
baluchon et le minimum vital (souvent en emportant la clé de la
maison, pensant qu’ils reviendraient bientôt). Et ils ne sont jamais
revenus.
Dans cet exil perpétuel, dans ce départ, c’est toujours la femme
qui a porté le plus de poids. Car c’est elle, dans la société arabe,
qui tient la famille. Les hommes, eux, ont vécu l’exil comme la plus
grande humiliation de leur histoire. C’étaient des paysans, et ils
vivaient de leur terre. Et quand on prend la terre à un paysan,
c’est comme si on le déshonorait, comme si on le castrait, on lui
enlevait son âme. Les femmes avaient une autre attitude. N’étant
pas elles-mêmes celles qui cultivent, l’exil a été bien sûr une très
grande tragédie, mais elles ont intériorisé la terre, le village, la
culture. Elles ont appris à supporter la négation de leur identité,
de leur nationalité. En intériorisant leur identité palestinienne et
en la transportant avec elles dans les camps de réfugiés au Liban,
en Syrie, en Jordanie, elles l’ont réinvestie dans d’autres formes
d’expression, souvent culturelles, qui étaient un peu des racines
les reliant à leur terre.
La broderie est une des formes de cette identité qu’elles ont
intériorisée et qu’elles ont retraduite par des points de croix sur
le tissu. Car à l’origine, la broderie était le plastron de la robe.
Les femmes paysannes en Palestine portent de longues robes noires,
bleu marine ou mauves. Et elles brodent déjà très tôt, car ce sont
des robes qu’elles mettent pour leur mariage. Dès l’âge de douze
ans, les filles collectionnent des fils de soie (le fil de soie qui
vient de la Syrie coûte très cher). Ensuite, elles tissent la robe
et commencent à broder. Elles brodent de douze ans jusqu’à leur
mariage, qui a lieu à seize ou dix-sept ans, cette robe qu’elles
porteront alors. Elles brodent aussi un coussin qui est un peu le
symbole de la maison, du domicile conjugal. Quand les femmes sont
parties sur les routes de l’exil en 1948, elles sont parties avec
leurs robes. Et bien sûr dans l’horreur de l’exil des camps, cette
vie insalubre de bidonville, la tradition est presque morte. Car qui
avait encore la possibilité de broder avec des fils de soie ? –
la plupart du temps leur souci principal était de survivre.
Mais une grande partie des réfugiées a quand même réussi à
recréer dans ces camps une petite Palestine, et c’est là que j’ai
retrouvé ma Palestine, dans le camp de Chatila. Elle était presque
plus forte que la vraie Palestine. Et c’est pour cela que je trouve
tellement beau que Jean Genet dise dans les premières pages du
Captif : " Qu’est-ce qui est plus vrai ? Le trait
noir sur la page ou le blanc à côté ? " C’est-à-dire :
qu’est-ce qui est plus fort ? – la Palestine, la terre
elle-même, ou la patrie que tu as créée quand on t’enlève le droit
de vivre sur cette terre ? Dans cette Palestine recréée, il
y avait une force que Jean Genet a sentie quand il est passé à Amman
dans cet énorme camp de réfugiés qui s’appelle Wahdate, et dont
Genet parle dans Un captif. Il a découvert, là, que les
femmes avaient gardé leur humour, à l’inverse des hommes,
complètement abattus par l’expérience de l’exil et de la
dépossession de la terre. Quand tu entres dans un camp, les
premières que tu trouves debout, la tête alerte et les épaules
droites, ce sont les femmes, pas les hommes. Les hommes sont tous là
avec les épaules courbées, le keffieh qui pend, ils ont l’air
complètement figés, surtout les vieux. Les femmes sont très fortes,
avec leurs fils à leurs côtés, les feddayin ; eux sont encore
debout car ils ont un fusil, et d’une certaine manière, ce fusil
leur rend une force que leur donnait la présence de la terre. Elles
impressionnaient énormément Genet. Car elles ont une puissance, une
dignité… Et personne n’a jamais parlé des femmes comme Genet – des
femmes tout court, mais surtout des femmes du tiers-monde, des
femmes pauvres. Car il les comprenait sans mots, il y avait une
complicité entre elles et lui. Il faut dire qu’il ne parlait pas
arabe, et elles ne parlaient pas français. Toute la communication
entre lui et les Palestiniennes des camps de Jordanie passait donc
par des clins d’œil. Lui les comprenait et elles, elles voyaient
qu’il comprenait. Le plus extraordinaire, c’est que lui venait vers
cet Orient (il ne faut pas oublier qu’il a grandi dans une école
française du Morvan, il a fait son catéchisme, il a été enfant de
chœur ; il était imprégné de toute une culture judéo-chrétienne
qui lui présentait l’Orient comme un grand mystère où les femmes
sont voilées, et n’assument pas de responsabilité dans la société)
et il arrive là, en 1970 en Jordanie, où il découvre que les vrais
" hommes " sont les femmes. Elles sont là, elles sont
fortes, prennent l’initiative, dirigent les hommes, alors qu’elles
n’ont officiellement que la position de femmes !
Et il est très impressionné… mais je ne veux pas raconter Un
captif amoureux, où elles sont décrites. Elles sont magnifiques,
que ce soit par leur force face à l’armée jordanienne, ou par leur
côté malicieux, démontant le sérieux des hommes et les
" mettant en boîte ", démystifiant leur virilité, se
moquant d’eux et leur disant : " Celui-là, que tu prends
pour un grand combattant, je l’ai torché, je l’ai lavé, je le
connais, c’est moi qui l’ai sorti de mon ventre. " C’est
donc par le biais des femmes qu’il a réellement rencontré les
Palestiniens et s’est mis à les aimer. […]
Mais je voudrais revenir à sa fascination pour la broderie. La
première fois qu’il a revu des plastrons comme ceux des robes
paysannes dans les camps d’Amman, c’était à Rabat. Car ma mère
habitait chez moi à l’époque – elle est née en 1920 à Jérusalem, a
vécu toute son enfance en Palestine, elle a été témoin de la lutte
palestinienne contre le mandat et contre la création d’Israël,
puisque son père était lui-même mêlé au mouvement nationaliste (il a
d’ailleurs été arrêté et déporté par les Anglais pendant quatre
ans). Or, ma mère était à Amman au moment de la guerre entre Israël
et les pays arabes en 1967, et dans l’exode elle a vu des femmes en
train de vendre leurs bracelets en or et leurs robes pour avoir de
quoi survivre, en attendant que les Nations Unies amènent leurs
camions de vivres pour les nourrir. Et ma mère fut déchirée,
voyant ces femmes vendre leurs robes, car c’était comme si elles
perdaient encore une fois leurs racines, leur terre. Rentrée à
Beyrouth, elle a pris contact avec des équipes sociales qui
s’occupaient des camps de réfugiés, et au lieu de faire les tricots
habituels, elle leur a proposé de retrouver la tradition de la
broderie nationale, de sauver la culture représentée dans le costume
de la femme paysanne. Mais comme ces costumes prenaient des années à
broder, elle a suggéré de faire de petits coussins carrés, dont le
motif principal serait pris sur les robes. Elle a donc étudié avec
ses sœurs les motifs des robes achetées sur les routes de l’exil, et
ces motifs sont millénaires. Chacun a une signification, un nom, ils
évoquent un village, une contrée. Car l’idée n’était pas de faire
uniquement de la broderie mais de faire vivre la culture
palestinienne, de résister à la négation de leur identité.
C’est ainsi que Jean, assis à Rabat, voyait ma mère broder
pendant des heures. (Ma mère a vécu toute la guerre de Palestine,
toute la guerre du Liban. Elle a été exilée de Palestine et du
Liban. Et la broderie était comme une thérapie. Chaque fois que tu
piques l’aiguille dans le tissu, tu as l’impression de renouer avec
quelque chose. Car le point de croix c’est comme un nœud. Cela a été
sa manière de résister. Ma génération a résisté en faisant la
révolution et sa génération a résisté en faisant de la broderie.) Et
Jean, assis dans le salon de Rabat, se demandait ce que cette femme
palestinienne faisait au Maroc, à recopier sur des coussins des
motifs venant de plastrons que lui avait vus sur les seins des
femmes palestiniennes dans les camps de Baqa et Wahdate. Il essayait
de comprendre la relation entre les camps de réfugiés en Jordanie,
mon salon à Rabat, et l’aiguille de ma mère brodant le tissu. Et
cette histoire, cette vie que l’on brode (et on ne peut pas ne pas
penser aux légendes grecques, au sens du fil d’Ariane, de la
broderie de Pénélope, à la mémoire, à l’identité, au temps et à
l’espace) devenait soudain pour lui très symbolique. Il avait établi
avec ma mère, ma mère qui aurait dû, de par son origine sociale,
l’agacer profondément (d’ailleurs il en parle de manière très
touchante dans Un captif), une très belle relation car il
retrouvait en elle la dignité. Il me parlait de ses épaules, il
disait : " Qu’elle est belle, de dos ", car il
retrouvait en elle cette dignité des femmes qui ont su résister,
chacune à sa manière, à la dépossession et à l’exil. Et il
l’interrogeait sur ce qu’elle brodait, elle lui racontait l’histoire
de la fabrication des robes. Il lui posait inlassablement des
questions sur Jérusalem, sur son enfance, sur sa famille, sur
l’histoire.
Or, en 1982, nous sommes allés à Beyrouth. Il avait oublié la
broderie. Il y avait une femme qui habitait chez nous car elle
avait perdu son appartement. Cette femme, assise là, nous voyait
courir dans tous les sens à cause de l’invasion de Beyrouth-Ouest,
et elle voulait se rendre utile car elle se sentait un peu comme une
intruse. Un jour, nous rentrons, Jean et moi, d’une de nos tournées
en ville. L’immeuble où habite ma mère est maigre et long, il borde
la mer et devant, il y a une grande avenue en pente. Nous arrivons
en haut de la rue (du haut de laquelle on voit notre immeuble de
douze étages), je lève les yeux… Que voit-on sur le balcon de
l’appartement de ma mère au huitième étage ? Des dizaines et
des dizaines de robes palestiniennes qui pendent sur la véranda. Et
Jean me dit : " Regarde, Leila. " Et on voit toutes
ces robes qui pendent des fenêtres du balcon. On dégringole l’avenue
et on monte les huit étages en criant : " Rentrez les
robes, rentrez les robes. " L’armée israélienne était en ville
et les robes palestiniennes pendaient à la véranda. Je dis à cette
femme : " Qu’est-ce que tu as fait ? Pourquoi les robes
pendent au balcon ? " Et elle dit : " Je n’avais
rien pour m’occuper. Vous êtes tous partis, vous m’avez laissée ici.
J’ai trouvé toutes ces robes dans le coffre de ta mère dans sa
chambre. Je me suis dit qu’il faudrait les aérer un peu, pour que
les mites ne les “bouffent” pas. " Et elle ne comprenait pas,
bien sûr, que ces robes étaient comme des drapeaux, et que pour les
Israéliens, dans leurs voitures des services de renseignements, voir
toutes ces robes pendre, c’était comme si on avait déployé des
drapeaux palestiniens.
Cette histoire a beaucoup amusé Jean, et il a saisi la relation
entre les choses et la signification de ces broderies, qu’il avait
vues d’abord sur les plastrons des femmes à Amman, puis dans le
salon de ma mère à Rabat, puis retrouvées sur les balcons de
Beyrouth, au moment où Beyrouth était envahie par l’armée
israélienne. Il voyait là une forme d’expression tellement plus
subtile que celle des hommes, une forme de communication et de
parole sur la Palestine qui ne passait pas par les discours
politiques habituels. Et c’était en même temps un discours, la
broderie, tout ce que l’on peut dire sur sa relation à sa terre, à
son identité, à sa mémoire, mais cela ne passait pas par les mots
évidents, mais des signes subtils, par la couleur, la symbolique
esthétique. […]
Ce qui fascinait Jean dans la broderie, c’était en fait le geste.
Lorsqu’on pique le tissu, on fait un cercle. Et moi, tout le temps,
à propos de sa vie, je disais : la boucle est bouclée ; la
boucle de la vie de Jean est bouclée, elle commence quelque part à
l’Assistance publique, elle passe par la révolte, la prison, elle va
vers l’Orient quand il est soldat, elle retourne vers l’Orient avec
les Palestiniens, et elle finit face aux cadavres qu’il trouve à ses
pieds à Chatila. Un captif amoureux, c’est aussi cela.
C’est presque le tissage de sa vie. Dans ce livre, qui est avant
tout un livre sur Genet mais aussi sur les Palestiniens, un livre
sur tout ce qui a compté pour Genet, c’est comme s’il nous
disait : " Je vous ai toujours menti. Ce n’est pas vrai
que j’ai écrit parce qu’on m’a commandé des pièces. " (Ce qu’il
n’arrêtait pas de répéter.)
Et c’est très beau, cette idée que la broderie l’a inspiré pour
la structure de son texte, car je crois que la mauvaise réception de
ce livre vient de ce que les gens ne l’ont pas compris. Quand il a
remis ce manuscrit à Gallimard, tout de suite les gens bien
pensants, les critiques, les lecteurs, les directeurs de collection
ont voulu savoir : " Qu’est-ce que c’est ? Un
essai ? Une autobiographie ? Un reportage ? Un
poème ? " Alors il les a beaucoup dérangés, car c’était ce
que Jean appelle " le petit désordre dans l’ordre ". Et
comme ils n’ont pas pu trouver une définition à coller sur ce texte,
ils ont dit : " Ce n’est pas important. Ce n’est pas
intéressant. Il est devenu sénile. C’est un texte où Genet se moque
du monde. " Ils n’ont pas compris que c’était juste le
contraire. Genet, face à la mort, fait ce qu’il a refusé de faire
pendant soixante-dix ans, il se met à nu, totalement, avec une
limpidité, une transparence que je ne peux pas considérer autrement
que mystique. […]
Dans les images du tissage, du réseau, de la toile d’araignée,
qui reviennent si souvent dans Un captif, on retrouve la
manière particulière qu’avait Genet d’habiter le monde. Le jour où
il est sorti de " taule ", il a été à Damas, pour revenir
à Paris. À Paris, il a été de nouveau en prison. Quand il est sorti
de prison, il est parti en Allemagne, ensuite en Grèce, puis à
Tanger, il est revenu à Paris, de Paris il est parti en Amérique,
puis d’Amérique il est revenu à Amman, il est allé à Rabat, de Rabat
à Beyrouth, et finalement à Paris. Il a passé sa vie à tisser sa
vie, à travers des continents, des peuples, des cultures, des
langues. Un va-et-vient incessant qui détruisait espace et temps,
comme son livre. Dans le nomadisme des Palestiniens en exil, il y
a ce même itinéraire de déplacement perpétuel. Et c’est pour cela
que ce sont les Palestiniens en exil qui l’ont fasciné, beaucoup
plus que ceux qui sont restés sur leur terre. Genet s’est
toujours mis " en position de départ soudain " comme il le
dit dans Chatila, afin d’abandonner la culture dans laquelle
il était né, la langue dans laquelle il est né pour aller vers une
autre. Car c’est dans l’entre-deux, dans le blanc entre les deux
noirs, que sont les choses réelles. C’est dans la fissure que lui
voyait la trace principale de la vie qui l’intéressait. Là où
justement il y a quelque chose qui casse l’ordre. […] Et ça,
c’est ce qu’il faudrait faire avec l’œuvre de Genet :
s’inspirer du geste de Genet et ne pas nécessairement se conformer à
une loyauté formelle au texte ou au message.
Dans Un captif, qui est un livre sur l’écriture et la
création (et aussi sur les Panthers et les Palestiniens), il y a un
trésor de propositions de création. Une création qui s’incruste dans
la réalité du monde d’aujourd’hui. Avec les Noirs, les Blancs, les
Palestiniens, les Arabes, l’islam, la chrétienté, avec le
conformisme, la révolution… Ce n’est pas quelque chose qui se limite
à une frontière nationale, ni à la cause des Palestiniens, ni à
celle des Noirs d’Amérique, elle est universelle. Et stupide
celui qui croira qu’elle se limite à une seule frontière. Dans ce
va-et-vient, ce tissage, il y a l’univers entier. Le choix est
ouvert à tout le monde. Il y a une invitation à l’écriture, à la
création. Il y a quelque chose comme une longueur d’onde, qui se
retrouve et passe à travers l’espace et le temps, faisant que la
littérature, la musique, la peinture ont un langage commun qui
dépasse les êtres humains dans leur vie quotidienne. J’espère que
d’autres feront preuve, avec Genet ou d’autres écrivains, du même
courage pour créer des choses qui attendent là dans le néant, dans
le désert. Comme le disait Jean tellement bien : " Mettre
à l’abri toutes les images du langage et se servir d’elles, car
elles sont dans le désert où il faut aller les chercher. "
Cette phrase, je l’ai vue quand son ami Jacky m’a donné le
manuscrit quelques heures après la mort de Jean. Et Jacky, qui
connaît par cœur Genet et l’avait quitté la veille pour ne plus le
revoir vivant, me dit : " C’est drôle, cette note
manuscrite n’était pas là hier. " Alors je regarde. Il y avait
même dans les signes, le blanc sur la page, la fébrilité, sûrement
le tremblement de la main de Jean qui était sur le point de mourir
et qui avait besoin de mettre en exergue du Captif ces
quelques lignes. Je les ai lues peut-être mille fois, en essayant de
traverser ce mur de la mort qui nous sépare et en me disant :
" Qu’est-ce qu’il a voulu nous dire ? "
Et maintenant nous parlons d’inventer, d’être à l’origine du
nouveau, et soudain je comprends cette phrase encore différemment.
Les images sont dans le désert où il faut aller les chercher. C’est
un défi lancé à tous les créateurs : il faut toujours chercher
ailleurs, là où il y a du désert. |