mercredi 20 novembre 2002
 Société
  
Rechercher
un article

  ACTUALITES
 à la une
 international
 europe
 france
 société
 régions
 carnet
 horizons
 analyses & forums
 entreprises
 communication
 aujourd'hui
 météo
 sports
 sciences
 culture

 version texte

  EDITION ABONNES
 le desk
 les dépêches
 les dossiers
 les fiches pays
 les thématiques
 la check-list
 les portfolios

  CHAINES
 aden
 éducation
 finances
 forums
 interactif
 mots croisés / jeux

  ANNONCES
 emploi
 immobilier

  SERVICES
 newsletters
 vos préférences
 aide et services
 qui sommes-nous ?

  LE QUOTIDIEN

 édition électronique
 éditions nomades
 archives
 les thématiques
 abonnements
   
Des membres de la communauté juive manifestent, le 8 octobre 2000 devant la synagogue de Nice, au lendemain de la profanation et la destruction du Tombeau de Saint-Joseph aux abords de Naplouse | AFP
 La communauté juive est bien intégrée à la société française, mais elle est traversée par une inquiétude, par un malaise | AFP
Article au format texte pour impression Envoyer par email cet article à un ami
 
 Sur le même sujet
"Un pôle de plus en plus dur vit son judaïsme de manière intégriste"
LE MONDE | 19.11.02 | 15h06
Au Blanc-Mesnil, le souvenir d'Alexandre, 33 ans, tué à Hébron
LE MONDE | 19.11.02 | 15h06
 
 Consultez également
Fonds social juif unifié
 
LE MONDE | 19.11.02 | 15h06
Une étude du FSJU révèle une communauté juive de France bien intégrée mais inquiète
Selon l'enquête réalisée à la demande du Fonds social juif unifié, l'affirmation identitaire "va en grandissant" mais il ne faut pas y voir "un signe de repli sur soi".

La communauté juive est bien intégrée à la société française, mais elle est traversée par une inquiétude, par un malaise. C'est la conclusion d'une enquête exceptionnelle, commandée par le Fonds social juif unifié (FSJU) et menée sous la direction du sociologue franco-israélien Erik Cohen, qui avait déjà dirigé une enquête semblable – mais de moindre ampleur – en 1988. Le sondage a été réalisé en janvier 2002 auprès d'un échantillon représentatif de 1 132 chefs de famille, constitué à partir de la méthode des patronymes et réparti dans 30 départements français.

L'enquête révèle un portrait contrasté d'une communauté évaluée à 500 000 personnes, 575 000 en incluant les conjoints non-juifs des couples mixtes. "C'est une communauté qui est complètement en osmose avec la société dans laquelle elle vit", souligne Erik Cohen. Les valeurs qu'elle met en avant sont d'abord des valeurs universelles comme "Honorer ses parents", "Fonder une famille", "Apprendre", "Etre soi", ou encore "Aider les autres".

Les juifs de France vivent principalement en région parisienne : à Paris, pour 26 % d'entre eux, ou en banlieue, pour 30 % d'entre eux. Les 44 % restants habitent en province, autour des quatre pôles forts que constituent Marseille, Nice, Lyon et Strasbourg.

Politiquement, les juifs restent majoritairement à gauche, soit à 59 %. En 1988, la majorité des chefs de ménage juifs étaient nés à l'étranger. 2002 marque une période-charnière, puisque la proportion de ceux nés en France et de ceux nés à l'étranger (Algérie, Maroc, Tunisie, autres) s'établit à 50 % de chaque côté. Les juifs de France ont un niveau d'études nettement supérieur à celui de la population globale : près de 48 % des chefs de ménage juifs ont fait des études supérieures. 60 % d'entre eux ont le baccalauréat (contre 24 % sur l'ensemble de la population française en 2002 selon la Sofres).

L'enquête montre que les juifs sont très majoritairement heureux (91 %), mais inquiets (65 %). En tête des motifs d'inquiétude vient le terrorisme (cité par 77 % des sondés), suivi par l'antisémitisme (76 %), le racisme (70 %) et l'avenir d'Israël (64 %). "L'analyse des inquiétudes des juifs de France montre que ce sont les aspects directement liés à l'identité juive qui les inquiètent en premier lieu", souligne l'enquête.

RÈGLES DE LA CASHEROUT

"L'affirmation juive en France va en grandissant", constate Erik Cohen. Du point de vue religieux, 51 % des personnes interrogées se définissent comme "traditionalistes", et 29 % seulement comme non-pratiquants. 42 % affirment toujours respecter chez elles les règles de la casherout (cuisine casher). Le succès de l'enseignement confessionnel juif est l'un des signes de cette affirmation communautaire : 26 % des élèves en âge scolaire fréquentent les écoles juives. Celles-ci scolariseraient 29 000 enfants, contre 15 000 en 1988, soit une hausse de 78 %. 90 % des écoles juives sont aujourd'hui sous contrat d'association avec l'Etat. "Cependant, cette affirmation identitaire n'est pas un signe de repli sur soi", avance David Saada, directeur du FSJU.

On relève également que le terme "israélite" a pratiquement disparu. 67 % des juifs de France se définissent comme "juifs" (63 % en 1988), 5 % comme "israélites" et 28 % comme "juifs et israélites". Près de 30 % des ménages juifs affirment fréquenter très souvent la communauté juive, contre 22 % en 1988. L'affirmation identitaire va de pair avec un renforcement du poids des Sépharades, originaires du bassin méditerranéen : ils représentent 70 % des juifs de France, tandis que les Ashkénazes, naguère majoritaires, ne sont plus que 24 %. L'avenir appartient aux Sépharades : l'enquête montre que la proportion d'Ashkénazes tombe à 12 % chez les jeunes.

Diversifiée, la communauté juive a pour principal ciment l'attitude à l'égard d'Israël. 48 % des personnes interrogées se disent très proches de l'Etat hébreu, et 38 % s'en disent proches. Les trois quarts sont allées au moins une fois en visite en Israël, et près de 30 % ont fait le voyage six fois et plus. 77 % des ménages juifs ont de la famille en Israël, à des degrés de parenté divers.

Par rapport à 1988, le nombre de juifs qui ne veulent pas faire l'alya, c'est-à-dire émigrer en Israël, a augmenté, passant de 40 % à 58 %. Mais, simultanément, le noyau dur de ceux qui affirment vouloir faire leur alya "très prochainement" a doublé, passant de 3 % à 6 %. Ceux qui envisagent de partir en Israël sont plutôt jeunes, bien intégrés dans la communauté et fréquentent les écoles juives.

La position des juifs français sur le conflit du Proche-Orient est plutôt contrastée : moins de la moitié des chefs de ménage (48 %) est favorable au principe de l'échange des territoires contre la paix, 39 % y sont hostiles et 13 % estiment qu'un juif vivant en France n'a pas à se prononcer.

Le renforcement de l'affirmation identitaire n'empêche pas l'augmentation du nombre des mariages mixtes : chez les moins de 30 ans , ceux-ci sont passés de 30 % des unions en 1988, à 40 % en 2002. Le FSJU s'inquiète d'une baisse du militantisme : "Le juif engagé dans la communauté a un profil de bon vivant, souligne David Saada. Il est intéressé par un retour à ses racines, mais plus sur le mode du consommateur."

Xavier Ternisien

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 20.11.02

Articles recommandés




Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Monde 2002
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.
Politique de confidentialité du site.
Besoin d'aide ? faq.lemonde.fr