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Edito
Dorra Bouzid
  Et « l’amour », dans tout ça ?
 
Bon. On sait qu’à l’heure de la mondialisation, “ l’Amour ” est une valeur qui n’a plus vraiment cours, comme dans notre société traditionnelle, mais pour des raisons totalement opposées.

Dans la Tunisie pré-indépendante et tout de suite après, les familles disposaient des sentiments et du destin de leurs filles. Elles n’avaient qu’un souci majeur : s’en débarrasser le plus vite possible, une fois pubères. Et avec le meilleur parti : riche, ou avec un métier stable. L’âge, le caractère, les sentiments importaient peu. Pourvu que la fille soit casée.

L’Amour, dans tout ça, on n’en avait que faire !

Le Code du Statut Personnel du 13 août 1956 est venu balayer tout ça. Il a offert l’opportunité aux filles de choisir leur destin : majorité à 20 ans, droit de disposer de son corps et de sa vie, interdiction à l’époux de la répudier ou de prendre d’autres épouses, droit de divorce avec garde des enfants etc.

L’amour, alors, commença à fleurir au fur et à mesure de l’émancipation, de l’alphabétisation et de la responsabilisation féminines.

Au cours des décennies, la notion de “ couple ” est apparue au point qu’actuellement, on voit, enfin, les jeunes et les moins jeunes évoluer dans ce concept, exactement comme dans les sociétés occidentales.

En 2003, on s’aperçoit que la libération de la femme a engendré dans le monde entier le retour au respect pour les éternelles valeurs sûres des sociétés rétrogrades : l’argent, la profession stable, la sécurité.

Mais avec, en plus, non seulement la volonté d’émulation, de concurrence mais aussi de partenariat à part entière (voir le dernier numéro de “Femmes et Réalités”).

On a à faire, maintenant, à une “femme libérée” mais comme le dit la chanson française : “C’est une femme libérée ; ça n’est pas si facile –elle est si fragile !”.

Alors, elle ne sait plus très bien où elle en est, ni, semble-t-il, ce qu’elle veut – quel que soit le pays où la femme a tous les droits, et particulièrement en Occident.

Elle y veut rester libre de ses actions mais se plaint de ne plus trouver de “mec”, ni de mari.

Elle veut quelqu’un qui fasse tout ce qu’elle veut mais qui reste viril.

Dominer et être dominée. Avoir la sécurité et la liberté.

Et l’Amour dans tout ça ?

Il semble qu’on retourne à la case-départ traditionnelle – exiger tout de l’homme – sans trop se préoccuper des sentiments.

L’Amour avec un grand A. L’Amour pour les êtres humains et les vraies valeurs.


 
Dorra Bouzid  

femmes@realites.com.tn
26-02-2003



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