| L’agonie de la langue française
au Maroc
YOUSRA AMRANI 09 Février 2004
|
|
Qu’en est-il de l’utilisation de
la langue française au Maroc ? Serait-elle en perte de vitesse même
parmi les jeunes Marocains qui suivent leurs études secondaires et
supérieures? Comment les étudiants arrivent à suivre les cours
prodigués en français, alors qu’ils ne maîtrisent pas suffisamment
la langue ? Autant de questions auxquelles nous allons essayer
d’apporter des réponses…
 |
| Les établissements de la mission française
demeurent le vivier de la langue de Molière.
| |
 |
| Gérard Mariau.
| |
La langue française serait-elle en recul au Maroc ? En
tous cas, personne ne peut nier le fait que l’ancienne génération
maîtrisait mieux la langue française que la nouvelle. Pourtant, le
français est devenu plus qu’une deuxième langue au Maroc puisqu’il
représente avant tout la langue des affaires, dans la mesure où la
France demeure le premier client et fournisseur du Royaume. Cela
suppose donc que nos diplômés marocains maîtrisent la langue de
Voltaire pour pouvoir répondre aux exigences du marché. Or, la
plupart de nos étudiants et élèves sont loin d’être capables de
parler cette langue, alors que dire de la maîtriser! La majorité des
40 élèves de 6ème année primaire (appartenant à différentes écoles)
que nous avons interrogés pour les besoins de cette enquête, ne
savaient pas ce que voulait dire “maîtresse” en arabe ! Et lorsque
nous leur avons expliqué que cela voulait dire “enseignante”, un
élève s’exclama “mais moi je croyais que “Oustada” était “madame” en
français!” Nous leur avons donc posé la question différemment en
leur demandant ce qu’ils savent dire en français et à notre
déception, les enfants ne savaient pas formuler une seule phrase
correcte en français ! Les plus brillants répétaient des phrases
toutes faites comme “Ali mange une banane” ou bien “maman prépare le
repas”. Les autres ne se “rappelaient” que quelques mots comme
carotte ou banane ! Ce qui est plus grave, c’est que nous nous
sommes trouvés dans la même situation mais cette fois en abordant
des élèves de la classe terminale, c’est-à-dire de la dernière année
préparant au baccalauréat. La plupart parlait un très “mauvais”
français. Mais paradoxalement quelques rares étudiants maîtrisaient
très bien la langue et étaient capables de s’exprimer aisément en
français. Ibrahim étudiant en 3ème année secondaire et brillant
élève en français a évoqué plusieurs raisons : “pour moi c’est
différent , tout le monde parle français à la maison. En plus, mes
parents avaient étudié en France. Et je suivais des cours du soir à
l’Institut français donc j’étais amené à parler tout le temps
français. Cela a amélioré mon niveau, c’est sûr…”
Volume
horaire insuffisant
Mais si Ibrahim a eu cette chance
d’être né dans une famille qui parle la langue de Voltaire avec les
moyens d’intégrer un établissement scolaire français, cela n’a pas
été malheureusement le cas pour la plupart de nos étudiants. Le
volume des horaires réservé à la langue française actuellement ne
peut leur permettre une bonne maîtrise de la langue. La tranche
horaire programmée normalement pour le cycle du primaire est de 1024
heures, soit 280 heures par niveau, soit huit heures par semaine à
partir de la troisième année du primaire. Année qui marque le début
de l’apprentissage de la deuxième langue. Les nouvelles réformes
apportées cette année par la Charte nationale de l’éducation à
l’enseignement primaire et qui prévoyaient une initiation de 90
minutes à la langue pour les élèves de la deuxième année ont été
appliquées dans 40% seulement des écoles publiques. Ainsi, en
attendant l’entrée en vigueur des modifications apportées, les
élèves continuent à suivre l’ancien programme. Seulement, les huit
heures programmées dans l’ancien système ne sont malheureusement pas
accordées uniquement à la langue française, d’autres matières sont
enseignées pendant ce temps comme les mathématiques qui sont
enseignées en arabe. A noter que la langue française est professée
elle-même en arabe durant les trois premières années et rares sont
les instituteurs qui parlent français pendant l’horaire programmé
pour la deuxième langue. Certains de ceux que nous avons abordés ont
expliqué cela par le faible niveau des élèves. En effet
l’apprentissage de la langue française ne commence qu’en troisième
année primaire. C’est l’année où l’élève apprend à prononcer les
premières lettres d’une nouvelle langue et essaie d’acquérir les
notions de base. Selon les instituteurs, l’élève serait incapable de
communiquer en français durant les trois années qui suivent,
puisqu’il serait encore en train d’apprendre les principes de la
langue. “La plupart des élèves ne pratiquent jamais la langue, le
seul espace où ils ont la chance de parler français est la classe.
“L’entourage joue un rôle très important. La majorité des parents
sont des “arabisants”. Par conséquent, l’élève ne trouve pas un
cadre adéquat pour pratiquer la langue. Ainsi l’enfant se contente
de ce qu’il apprend à l’école, ce qui malheureusement est loin
d’être suffisant s’il n’est pas appuyé par d’autres activités comme
la lecture et surtout la pratique de la langue. Car en réalité, la
langue française est très difficile. Ainsi cette difficulté démotive
l’enfant et le conduit des fois à tout lâcher. Et c’est là
qu’intervient justement le rôle des parents pour garantir un suivi
et s’assurer que l’enfant arrive à assimiler convenablement les
cours. Or, rares sont les élèves qui bénéficient de l’attention des
parents. La plupart de mes élèves passent tout leur temps devant la
télévision. Par conséquent, ils ne font pas leurs devoirs. Alors
comment voulez-vous que je leur demande de lire des livres de plus
!” s’exclame Leïla, une jeune institutrice âgée de 23 ans…
Et au collège ?
Au collège la situation est
moins satisfaisante. Le programme de la première année de collège
prévoit 6 heures de français par semaine c’est-à-dire une réduction
de deux heures de français par rapport à ce qui a été programmé pour
les années du primaire. L’éventail horaire programmé pour les trois
années de collège est de 576 heures soit 198 heures par an. Ceci
dit, le volume horaire reste le même pour les trois niveaux du
secondaire ! Au lycée les choses sont loin de s’arranger, le
programme qui était appliqué jusqu’à l’année dernière prévoyait une
baisse du volume des horaires selon la branche choisie. Ainsi les
élèves de la branche littéraire avaient droit à 5 heures de français
pendant les trois ans du lycée soit 480 heures au total. Alors que
ceux des branches scientifiques ne bénéficiaient que de quatre
heures de français par semaine en première année du lycée puis de
trois heures par semaine durant les deux dernières années du
terminal ce qui fait au total 320 heures pour trois ans. Pourtant
certaines classes bénéficiaient de 7 heures de français par semaine,
il s’agissait des classes “option langue” qui ont été créées en 1998
et qui représentaient une première expérience qui visait à donner
une formation spécialisée en langue à un nombre restreint d’élèves
(une classe par ville) en vue d’une généralisation ultérieure de
l’expérience en cas de réussite. En effet, l’expérience a réussi
dans la mesure où elle a permis aux élèves de ces classes pilotes
une meilleure maîtrise de la langue. Les lauréats de la première
promotion de 2000 actuellement dans différents instituts et écoles
avouent être chanceux d’avoir bénéficié de cette formation.
“J’étais élève en sciences expérimentales mais j’ai eu le
privilège d’étudier la littérature française et de lire plusieurs
romans classiques comme “le Rouge et le noir” de Stendhal et
“Candide” de Voltaire. Nous avons eu plus d’heures de français et
cela nous a permis de maîtriser dans une certaine limite la langue
de Voltaire” explique Samia, étudiante en 4ème année d’architecture.
La même remarque a été faite par Sarah une ancienne lauréate des
classes d’option française. “J’ai eu la chance de faire partie des
élèves de cette classe pilote dans ma ville. Il faut dire aussi que
tous mes camarades étaient de brillants étudiants au collège et
étaient très forts en français. Tous les élèves de ces classes
pilotes ont fait l’objet d’une sévère sélection. Par conséquent nous
avions le même niveau. En plus nous étions beaucoup moins nombreux
que les autres élèves dans les autres classes. Nous étions vingt par
classe ce qui a fait que nous étions mieux encadrés. Ceci sans
parler du programme spécialisé dont nous avons bénéficié et qui
était plus concentré que celui des élèves de la branche littéraire,”
affirme-t-elle. En effet, cette première expérience réussie a
poussé le ministère de l’Education nationale à généraliser le
programme qui était destiné exclusivement à ces classes. Il
n’empêche que les nouvelles réformes apportées ont réduit
curieusement encore les heures programmées pour la langue française
! Alors que les élèves des branches scientifiques ont pu
bénéficier d’une augmentation d’une heure, renforçant ainsi le
volume des horaires pour le porter à 408 heures au lieu de 320
heures au bout de trois ans. Les étudiants de la branche littéraire
qui normalement sont supposés bénéficier d’une augmentation dans le
volume des heures de français et d’un programme plus renforcé pour
pouvoir maîtriser la deuxième langue ont été privés d’une heure
encore ! Ainsi au lieu d’avoir cinq heures de français par semaine,
les élèves de la branche littéraire ne font désormais que quatre
heures à partir de cette année, soit 72 heures de moins. Le
ministère de l’Education nationale a justifié cette baisse par le
manque de professeurs de français. La réduction du nombre d’heures a
été considérée également comme une décision provisoire qui vise
l’application du programme de la charte nationale en septembre 2000
et l’ajustement de l’enveloppe d’heures de la deuxième langue (le
français) avec la troisième langue étrangère qui peut être
l’anglais, l’espagnol, l’allemand ou l’italien … Ainsi la charte
prévoit 433 heures de français pour les trois années de baccalauréat
soit une augmentation d’une demi-heure par semaine avec la rentrée
de 2004. Même enveloppe prévue pour la troisième langue. Il reste
que les 4 heures 15 minutes prévues pour les trois prochaines années
pour le cycle secondaire resteront insuffisantes pour la maîtrise de
la langue sachant que toutes les autres matières sont enseignées en
arabe y compris les matières scientifiques comme les mathématiques,
la physique et les sciences naturelles. L’arabisation du programme a
été parmi les objectifs de la réforme apportée à l’enseignement
durant les années soixante-dix. La réforme visait également la
marocanisation des cadres, la généralisation et la gratuité de
l’enseignement. Ainsi l’arabisation du programme était
intervenue suite à la constitution d’un comité national en 1979 par
Azeddine Laraki le ministre de l’éducation nationale à l’époque. Ce
comité qui a été présidé par le Dr Mohamed Akar, directeur de la
formation des cadres à l’époque, était chargé de réaliser un rapport
sur la situation de l’enseignement, du primaire au secondaire, ainsi
que sur les programmes et la pédagogie de l’enseignement des
matières scientifiques. Ainsi, après une étude de quatre ans ( de
1976 à 1980), durant lesquels le comité a examiné l’évolution du
programme et les matières enseignées, la formation des cadres et les
méthodes de l’enseignement, le comité a conclu que les programmes
des matières scientifiques du primaire sont loin d’être adaptés à
ceux du secondaire. En ce qui concerne les mathématiques, il a été
décidé de changer tous les programmes à partir de la troisième année
du primaire parce qu’ils ne répondaient pas à l’objectif principal :
la formation d’un esprit cartésien. Autre changement crucial :
l’arabisation d’abord des matières scientifiques puis des autres
matières.
Et à l’université ?
La réforme qui
avait commencé en 1981 a touché tous les niveaux jusqu’en terminale.
Ainsi, la langue française est devenue au fil des années une langue
étrangère comme les autres langues secondaires. Une situation qui
s’est répercutée sur l’enseignement du français à l’université.
Actuellement, les départements de la langue française sont ceux qui
connaissent le plus faible effectif d’étudiants. Selon El Hanni,
chef du département de langue et littérature françaises de
l’université Mohammed V Agdal, cela revient toujours au faible
niveau des étudiants de la branche littéraire qui préfèrent choisir
des langues plus “faciles” pour augmenter leur chance de réussite ou
“carrément” commencer de nouvelles spécialités qu’ils n’avaient
jamais suivies dans le secondaire comme le droit ou encore la
psychologie…En effet, le nombre d’étudiants inscrits l’année
dernière à la faculté des lettres et de sciences humaines de
l’université Med V Agdal n’a pas dépassé 270 étudiants, soit le
quart du nombre des étudiants qui sont inscrits au département de la
langue anglaise! La situation est plus grave quand on sait que parmi
les 270 étudiants qui se sont inscrits en première année 36
seulement ont réussi soit 5% et que 12 étudiants seulement ont
réussi à décrocher leur licence l’année dernière, ceci pour les deux
classes de littérature et de linguistique. Aux facultés des sciences
là encore les choses sont loin de s’arranger. La plupart des
étudiants de spécialité scientifique trouvent d’énormes difficultés
à suivre le rythme des cours. Asmae, étudiante en troisième année
d’économie à la faculté des sciences juridiques, économiques et
sociales, raconte son expérience en première année : “j’ai eu
d’énormes difficultés à suivre le cours parce qu’à ma surprise
toutes les matières d’économie étaient enseignées en français
contrairement au primaire, collège et lycée où nous avons tout
appris en arabe y compris les matières scientifiques, et je crois
que je n’étais pas la seule à avoir ce problème. Presque toute la
promotion avait les mêmes difficultés. Le programme que nous avions
durant les années de la fac suppose que nous maîtrisions très bien
la langue. Or les trois heures par semaine que nous faisions en
première année du lycée étaient loin de nous permettre de parler
cette langue. Même les cours de traduction que nous avions suivis
étaient insuffisants. En général, nous apprenions les termes
scientifiques mais aucune importance n’a été accordée à la
communication et à l’expression orale durant le programme du
primaire ni même du secondaire, ce qui a fait que la plupart d’entre
nous ont du mal à s’exprimer et à communiquer avec les professeurs.
Ce qui est plus grave c’est qu’à la faculté on accorde une grande
importance à la maîtrise de la langue puisque ce sont les résultats
des examens oraux qui décident de notre réussite ou échec. Sans
parler bien entendu de l’importance de l’expression écrite qui
décide également de notre sort.” Asmae ajoute : “moi je veux juste
comprendre pourquoi on a arabisé tout le programme de l’enseignement
primaire et secondaire et qu’on s’est arrêté à la dernière année de
baccalauréat. Est-ce que cela ne serait pas une pure
contradiction?”. Hanane, étudiante en première année à la même
faculté vit le même problème : “cette année une nouvelle matière
intitulée “Langue et communication” a été ajoutée au programme pour
nous permettre de pratiquer la langue et de parler le français en
classe. Mais je ne crois pas que ce sont ces deux heures de français
par semaine qui vont nous permettre de maîtriser la langue… je crois
que la réforme doit être radicale” ! ”s’exclame Hanane. En effet,
rares sont les étudiants de facultés scientifiques qui parlent la
langue de Voltaire. Selon Larbi Kabiri, professeur d’économie à la
faculté d’économie à Casablanca, 4 à 5 % seulement des étudiants en
branche économique maîtrisent la langue. “J’ai été obligé de parler
arabe dans un cours qui était programmé normalement en français
parce que mes étudiants me faisaient sentir que je parlais chinois à
chaque fois que je parlais français” s’exclame-t-il. Lorsqu’on lui a
demandé les raisons de la baisse du niveau du français, il a répondu
: “ce n’est pas une question du système de l’éducation. Il s’agit
d’un problème plus grave, nos jeunes Marocains ne lisent plus. Je me
suis juré d’offrir l’année dernière un abonnement annuel d’un
journal gratuitement à celui que je trouverai en train de lire un
journal dans la cour de la fac, et je vous assure que personne ne
portait un journal, même en arabe”.Alors les jeunes qui veulent
avoir un abonnement au choix pendant un an gratuitement, l’occasion
est là. Il faut juste remplir une condition primordiale : commencer
à lire le plus tôt possible…
Et si on remettait le livre
à sa place !!
C’est une réalité, les Marocains lisent
de moins en moins. La plupart des livres présentés sur les étalages
des librairies sont des livres scolaires et universitaires. La vente
des ouvrages littéraires représente un faible pourcentage dans le
chiffre d’affaires des libraires. C’est ce que nous a affirmé
Mohamed Zakaria, gérant de la librairie “Livre et service” à Rabat.
Selon lui, ce phénomène tient à plusieurs raisons, notamment la
faiblesse du pouvoir d’achat surtout chez les jeunes qui ne
représentent d’ailleurs que 15 % des clients de la librairie. A cela
s’ajoute l’influence des médias. Plus encore, Zakaria affirme que la
vente des romans classiques connaît actuellement une chute
vertigineuse. Conscient de cette réalité, le secrétariat d’Etat
chargé de la jeunesse a lancé depuis le 15 janvier dernier une
campagne intitulée “Le temps du livre”. Cette campagne qui vise à
encourager les gens à faire don de livres, s’est fixé un objectif
plus important : il s’agit de rendre au livre sa valeur
irremplaçable pour ceux qui veulent apprendre…
Quatre questions à Gérard Mariau, proviseur du
lycée Descartes
Selon les dernières statistiques
réalisées par le ministère de l’Education nationale datant de 2003,
le nombre d’élèves qui se sont inscrits dans des écoles privées a
atteint 216. 519 enfants alors qu’il était de 196.756 en 2002. Le
privé serait-il entré en dualité avec le public ? Il est encore tôt
pour le savoir. En tous cas le programme des missions françaises
serait plus performant que celui des écoles publiques. C’est ce que
nous explique Gérard Mariau, le proviseur du lycée Descartes. A
rappeler que ce lycée est parmi les plus anciens des lycées de
missions culturelles au Maroc. Il a été mis en place en 1963,
permettant depuis sa création à plusieurs milliers d’élèves de
décrocher un baccalauréat français.
La Gazette du
Maroc : comment se fait l’élaboration des programmes et par quelle
partie exactement ? Gérard Mariau : les programmes
d’enseignement dans un lycée français sont tous des programmes de
France, c’est-à-dire qu’ils sont conformes à la préparation des
diplômes et concours français. Il existe un accord entre le Maroc et
la France. Le programme enseigné est le résultat d’un travail
concerté et très suivi réalisé par les deux Etats. Ceci par le biais
du ministère de l’Education nationale marocain et l’ambassade de
France représentée par le conseiller en coopération et action
culturelle, et régulièrement par les travaux des experts français et
marocains. Les élèves sont accueillis à Descartes dès la sixième,
puis au terme de la seconde, ils choisissent de préparer en deux
années les baccalauréats scientifiques (spécialités: mathématiques,
physique-chimie, sciences de la vie et de la terre), littéraire
(spécialité : langue vivante étrangère de complément), économique et
sociale (spécialités : langue vivante étrangère de complément,
mathématiques, sciences économiques et sociales) et sciences et
technologies tertiaires (spécialités : comptabilité gestion, action
communication et commerce). Le biculturalisme et l’international
sont un volet important du projet d’établissement notamment par la
présence d'une section internationale en premier cycle, par la
préparation de “l’option internationale du baccalauréat” - OIB-
(arabe et littérature arabe) et par l’enseignement des langues
européennes (anglais, allemand, espagnol).
Vous dites que
les jeunes élèves de Descartes s’intéressent de plus en plus à la
langue arabe, comment sont élaborés les programmes d’enseignement de
cette langue? C’est le centre d’études arabes installé à
Rabat qui est composé d’ailleurs d’inspecteurs et d’enseignants
marocains et français travaillant ensemble qui élabore les
programmes et examine leurs applications. En fait, c’est un travail
de coopération qui se fait entre les deux pays par l’intermédiaire
de ces cadres qui vont d’ailleurs jusqu’à la conception de manuels
scolaires.
Malgré ledit intérêt que les élèves
manifestent pour l’arabe, il reste qu’ils maîtrisent le français
plus que leur langue maternelle, pourquoi à votre avis ?
C’est une réalité, la langue française représente le vecteur
permanent de l’enseignement à la fois pour l’apprentissage, l’accès
aux connaissances mais elle est aussi l’instrument qui permet de
s’ouvrir sur les aspects culturels au lycée. Par conséquent, il est
tout à fait légitime que les élèves maîtrisent mieux cette langue
que l’arabe. Et ils la maîtrisent très bien puisque le 28 janvier
dernier, le conseiller culturel a remis le premier prix et le second
prix à des élèves du lycée Descartes malgré la participation
d’élèves d’autres académies françaises comme celle de Montpellier.
Après le baccalauréat, les trois-quarts des lycéens poursuivent des
études supérieures en France, à l’université, dans les classes
préparatoires aux grandes écoles scientifiques, économiques et
littéraires, et dans les écoles et institutions spécialisées.
Certes, l’arabe est enseigné au lycée mais pas avec le même degré
que le français.
Quelles sont les conditions que doit
remplir l’élève pour intégrer le lycée ? La priorité est
donnée bien entendu aux élèves venant d’écoles françaises ainsi
qu’aux jeunes venus de France. Et enfin sous la base de l’évaluation
des places restantes, les élèves qui ne remplissent pas ces critères
doivent passer des examens portant d’abord sur le français puis sur
les matières fondamentales comme les mathématiques et les matières
générales. L’année dernière par exemple, cinquante places ont été
disponibles après l’inscription des élèves les plus méritants.
Y.A |